vendredi 6 décembre 2013

Le jour où je me suis dit, qu'après tout, il n'y a pas que médecine dans la vie.

J'ai retrouvé un doc écrit en mars 2012, après re découverte et relecture, il retrace bien l'état d'esprit dans lequel j'étais à ce moment là, je venais de dépasser un passage à vide où je me suis forcée à travailler en bibliothèque et je me suis donc retrouv à côtoyer du monde alors que je n'en avais pas envie. Je n'étais pas très loin du numerus clausus, et jusque là, je ne m'étais pas vraiment posée de questions sur les autres filières. Et puis :

"Le mur de la douleur est plus ou moins passé. A la place j'ai la crève. *hésite à se tailler les veines avec sa gomme*. La vie continue.
J'ai beaucoup réfléchi pendant ce mur. Je suis franchement devenue associale aussi. Les gens m'énervent. Tout semble superficiel, faux, tout semble être envenimé par la P1. TOUT LE MONDE m'énerve. Alors je fais mon asociale cracra chez moi. Et jréfléchis.
Ce qui me frappe particulièrement ce semestre c'est l'impression que les étudiants de médecine (après la P1) sont blasés, ou qu'ils s'intéressent seulement à autre chose qu'à leurs études. Il paraît qu'il y a des passionnés mais on ne les voit jamais. La seule impression que j'ai, c'est qu'ils sont blasés. Mais ça en devient énervant et blasant. Je me dis que je n'ai pas envie de côtoyer des gens comme ça et surtout, que je ne veux pas devenir comme ça. Je trouve ça délirant le nombre d'étudiants en années supérieures qui osent se plaindre devant nous. Don't get me wrong. Je ne demande pas aux P2, D1 d'affirmer avec le sourire qu'apprendre des polys de 500 pages c'est d'une facilité déconcertante, non, la quantité de boulot est monstre mais il y a une manière de dire les choses. Surtout devant un P1, qui est un étudiant dont l'avenir est mille fois plus incertain. Les étudiants des autres filières (odonto, pharma et maïeutique) semblent beaucoup plus passionnés et épanouis par ce qu'ils font. Il s'en dégage une image très positive de ces filières. Pour la médecine, non. J'ai l'impression d'entendre tout le monde se plaindre, tout le temps. 

Cela fait des années que je rêve faire médecine, de la chirurgie, et jamais je n'en ai douté plus que ça (oui parce que balancer son poly contre le mur en disant ça me fait chier, qu'est ce que je fous là ça ne compte pas). Ces derniers temps, j'ai douté plus que jamais, je me suis beaucoup interrogée et de ce que j'en vois, de ce que j'en entends, j'ai l'impression que je ne pourrais pas m'épanouir comme je le voudrais en médecine. Depuis quelques semaine, odonto me f it les yeux doux, on m'en a dit beaucoup de bien et ça commence à me faire beaucoup plus envie. J'ai peur d'en parler pour l'instant, parce que rien n'est sûr, autant sur le plan scolaire que sur le plan personnel. Je n'ose en parler à personne de peur, parce que je n'arrive pas à savoir si c'est seulement une phase ou un vrai changement d'avis et que je veux prendre cette décision, seule. J'ai peur d'en parler aux autres pour plusieurs raisons : les gens m'énervent donc ce n'est pas franchement possible d'en parler la maintenant par manque de temps et de disponibilité mentale, que ce soit moi ou les autres. J'ai peur de décevoir, que mon changement d'avis soit pris comme un coup de peur, comme une décision futile et comme une espèce de trahison envers l'objectif qu'on s'est fixé d'atteindre "main dans la main" tous ensemble. J'ai peur d'être jugée sur mon potentiel de réussite. J'ai peur du regard des autres ce semestre, j'ai l'impression qu'à la moindre pause, au moindre mauvais résultat, je vais croiser ce regard qui en dit long sur combien je suis potentiellement foutue. Ce n'est peut-être que de la parano, mais cela peut tout aussi être vrai et franchement, je n'ai pas envie de découvrir. Je préfère cacher mes résultats, ne pas en parler, faire mes affaires dans mon coin, seule, prendre mes décisions seules, ne les partager qu'avec un minimum de personnes choisies et encore. En temps normal, j'ai une aversion gigantesque pour la solitude mais en ce moment, il n'y a globalement qu'avec elle que je me sens bien. " 04/03/2012

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